La tronçonneuse, telle qu’elle est connue présentement, n’a pas toujours eu la fonction d’outil de sectionnement. À sa mise au point, elle servait originellement d’équipement de travail dans les salles d’accouchement. Les médecins spécialistes l’utilisaient en effet pour accomplir des interventions de type chirurgical destinées à faire sortir le nouveau-né.

Au fil des usages, les fonctionnalités de l’instrument ont été progressivement modifiées. Il a ainsi été dédié à la réalisation de travaux de coupes de bois au jardin. Les professionnels du bûcheronnage s’en sont également appropriés pour opérer efficacement l’abattage et le façonnage des arbres. Envie d’en savoir un peu plus sur l’histoire de la tronçonneuse et les raisons de son utilisation ? Voici quelques éléments de réponses.

Retour sur la genèse de la tronçonneuse

L’invention des versions initiales de la tronçonneuse s’est faite en terre écossaise, il y a plus de deux siècles en arrière. Alors que ses premiers exemplaires étaient utilisés en médecine, d’autres modèles verront le jour dans le domaine du bûcheronnage.

Quelles sont les origines des tronçonneuses initiales ? 

Pour la plupart des historiens, les premières variantes de l’instrument de sectionnement sont apparues pour régler des problèmes constatés dans les soins néonatals. En effet, jusqu’à l’aube du 18e siècle, la médecine était confrontée au défi de l’accouchement des femmes présentant un petit bassin. C’est alors que deux praticiens de santé exerçant en Écosse, John Aitken et James Jeffray, ont pensé et réalisé cette solution qui sauva la vie à beaucoup de femmes.

La tronçonneuse d’alors était employée à des fins chirurgicales et servait à rendre aisés les accouchements pénibles. Son rôle consistait à élargir le périmètre du bassin par sectionnement des os pubiens. Elle prenait l’apparence d’une scie à chaîne hérissée de dents et était dotée de deux embouts facilitant son maniement. Le mode d’emploi consistait à un sciage par des gestes de va-et-vient mécanique.

Cette variante de l’outil subira un réaménagement entre les mains de Bernhard Heine à l’entame des années 30 du 18e siècle. Celui-ci lui conféra la mission de sciage des os du squelette humain. En tout point du squelette, il devenait possible en chirurgie de trancher rapidement des os en cas de nécessité pour sauver des vies.

L’invention de la tronçonneuse d’arbres 

Les artisans du bûcheronnage découvrent peu à peu un intérêt à recourir à la création de Heine. L’objet était en effet pourvu de capacités de découpe exceptionnelles, ce qui intéressa rapidement les coupeurs d’arbres professionnels. Le modèle de tronçonneuse mis à contribution pour la première fois dans l’abattage des arbres est revendiqué par une paire d’inventeurs.

Il s’agit de Stihl Andreas et de Joseph B. Cox. Toutefois, des controverses subsistent à ce sujet, car d’autres voix avaient réclamé à l’époque la propriété du prototype initial de tronçonneuse bois. Vers le milieu et à la fin des années 1920, plus précisément en 1929, les deux déposèrent deux brevets pour confirmer qu’ils en étaient les pères. Avec eux débuta la commercialisation à grande échelle de la version de cet outil de coupe fonctionnant au gasoil.

Les différentes variantes de tronçonneuse nées au fil du temps 

La tronçonneuse servant aux coupes de bois est apparue sous une seconde version dans la même décennie durant laquelle Stihl et Cox brevetèrent leur invention. Le mérite en revient à Émil Lerp, avec sa tronçonneuse fonctionnant grâce à un moteur alimenté à l’essence. Il se lança à compter de 1927 dans sa fabrication industrielle, concurrençant le produit de ses rivaux.

Toutefois, il faut rappeler que trois ans plus tôt, A. Stihl avait déjà mis sur le marché une tronçonneuse dotée de fonctions automatiques. Joe Cox s’est également illustré parmi les précurseurs de la tronçonneuse. On lui attribue vers la fin des années 1940 la paternité du modèle qualifié de « chaîne à gouge ». Malgré des avancées, la plupart des utilisateurs se plaignaient de la lourdeur de l’équipement. En effet, le modèle utilisé autrefois pesait environ 20kg, il était alors nécessaire de plusieurs hommes pour pouvoir manier la tronçonneuse. 

Commença alors après 1950 une quête des industriels pour réaliser un instrument d’abattage de meilleur calibre. Dans ce registre, deux inventeurs ont fait évoluer l’appareil, en l’équipant de dispositifs automatisés et modernes. Leurs noms, Marvin Smith et J. Ellis. À leur suite et jusqu’à l’entame du 20e siècle, d’autres génies ont innové en concevant des exemplaires faits de matériaux légers et faciles à prendre en main.

Rétroplanning du parcours de la tronçonneuse

Fin du 18ème siècle :

Invention de la tronçonneuse ( utilisation médicale)

1830 :

Amélioration de l’outil par Bernahard Heine (utilisation médicale)

1925 :

Dêpot du brevet pour la tronçonneuse de jardin

1927 : Commercialisation de la première tronçonneuse de jardin

Fin du 20ème siècle : Commercialisation des premières tronçonneuses de jardins “actuelles”

Les cas d’usage de la tronçonneuse 

Les différentes versions de tronçonneuse ont été mises au point pour trois finalités, suivant les besoins des utilisateurs.

L’abattage, la première finalité de l’invention des tronçonneuses d’arbres 

Le premier usage dédié à l’outil est l’abattage. La tronçonneuse traditionnelle est l’un des 3 modèles de ce matériel destiné à l’exécution de travaux d’abattage. En général, il ne sert qu’à une utilisation occasionnelle et privée, notamment pour permettre aux ménages d’avoir du bois pour se chauffer ou cuisiner.

À l’inverse, la tronçonneuse professionnelle est plutôt affectée à des travaux intensifs de coupe. Sa structure de conception se rapproche de celle de la variante classique, sauf que les fabricants y ont installé des matériaux plus durables et solides. Les professionnels s’en servent pour déboiser de vastes aires forestières par exemple. Sa masse n’excède généralement pas 10 kg et il fonctionne au moyen d’un moteur thermique.

Contrairement aux deux précédents instruments d’abattage, la tronçonneuse manuelle est dépourvue de moteur. En conséquence, ce type d’appareil offre plus de légèreté. Son format compact le rend aisé à manipuler, notamment pour effectuer des abattages dans des postures que ne permettent pas les modèles à moteur.

Les opérations d’élagage en bûcheronnage

La scie à bûches est réputée pour accomplir efficacement les travaux d’élagage. Il sert à redimensionner les bûches pour leur donner un petit format. Les ateliers spécialisés dans la conception de bois domestique pour cheminée y recourent pour sectionner en petits morceaux les grandes bûches. Ceci facilite aussi leur emploi comme combustible pour poêle.

La petite tronçonneuse est l’autre matériel recommandé pour l’élagage. Il ne sert que dans un contexte domestique. Vous pouvez le mettre à contribution pour des tâches de jardinage par exemple. Au terme des abattages, il est efficace pour faire en peu de temps l’élagage des branchages. Son faible poids le rend toutefois inapproprié pour réaliser des bûches.

Les travaux de coupe de bois en hauteur 

La tronçonneuse élagueuse est faite pour réussir des travaux de coupe de bois en hauteur. Le bûcheron peut s’en équiper pour monter dans un arbre dans l’intention de découper des branchages ou de les élaguer. Les fabricants ont choisi et agencé ses pièces de manière qu’elle soit facile à transporter.

Elle se manie sans grand effort à l’aide d’une main grâce à sa masse minime. Vous pouvez vous en servir sans avoir l’habileté d’un bûcheron à condition de vous conformer aux directives d’utilisation.

Par ailleurs, il existe des solutions pour élaguer en restant au sol, sans avoir besoin de monter dans l’arbre. La perche élagueuse est prévue à cette fin. Elle est conseillée aux personnes non entraînées au grimper.